Ange – Exposition d’Emmanuel Aragon, du vendredi 24 avril au vendredi 29 mai 2026

Exposition d’Emmanuel Aragon, du vendredi 24 avril au vendredi 29 mai 2026
Exposition ouverte les 24, 25 avril, et 29 mai de 14h à 19h puis sur rdv

Dévernissage le vendredi 29 mai à 19h,
Fanny Milant (chorégraphe)
et Marie Chkaiban (poétesse) interpréteront en duo une étape de travail de leur création « Mon palais a brûlé »,
puis lectures de Laurence de la Fuente, May SantotPatrice Luchet, Guillaume Pétrou, à l’invitation de celui-ci.

Vernissage le vendredi 24 avril à 19h, lectures de Victoire Faure, Rémy Letourneur et Guillaume Pétrou, à l’invitation de celui-ci, dans le cadre du Festival ICI POÉSIE à Bègles, dans lequel s’inscrit également l’exposition.

Décor d’une assiette parlante en faïence (détail), Manufacture Creil & Montereau, diamètre 20 cm, XIXès

L’ange gardien est une figure qui m’évoque à la fois des épisodes de survie, de fuites vitales dans l’histoire de ma famille, et une expérience de danse transmise et modifiée par plusieurs chorégraphes depuis le début du XXème siècle avec le travail du « mouvement authentique » notamment défini par Janet Adler avec le rôle de témoin, que j’ai pu traverser récemment avec la chorégraphe et pédagogue Fanny Milant.

Cette figure cristallise des formes particulières d’attention à l’autre, qui me fascinent : demeurer au plus proche, invisible, protégeant des dangers. Une écoute qui « s’habille » en danse du mouvement de l’autre, de ses respirations, de ses moindres gestes. Autre qui s’échappe toujours par sa multiplicité, son infinitude. L’Ange gardien reste une présence qui permet, libère, crée une chambre de résonance. Aucune démonstration ni certitude, aucun effet de spectacle, un temps intime, dialogue infiniment complexe et pourtant ancré, incarné, momentané.

Dans l’exposition est présenté un choix de pièces récentes traversant près de cet axe de l’Ange gardien les figures du secret, des peurs ou élans instinctifs qui nous habitent, jusqu’aux Justesses, troisième pan d’un triptyque qui évoque les notions de séparation et de pardon, de justice, et de justesse. Ange les relie et relit sous le regard de ce que veiller peut amener.
Emmanuel Aragon

 

Le secret, gravure aux lettres à frapper sur papier Arches, 0,6x9,5 m, 2025 - Vue de l'exposition Secrets, médiathèque de Saint-Gaudens/La Chapelle Saint-Jacques CACIN - Photographie Victor Charrier
Le secret, gravure aux lettres à frapper sur papier Arches, 0,6×9,5 m, 2025 – Vue de l’exposition Secrets, médiathèque de Saint-Gaudens/La Chapelle Saint-Jacques CACIN – Photographie Victor Charrier

Mon engagement en tant qu’artiste ne peut être que temps lent, veille, risque, affranchissement de l’urgence. Chercher l’intuition de formes d’humanité, de présence.
Je cherche avec la parole, la langue, qui relie intimement l’identité individuelle et son fondement par et dans une communauté.
Je cherche ce que peut être la rencontre, et donc au plus intime du lieu de l’autre : comment apprendre à parler, comment m’adresser à quelqu’un ? Comment entendre l’autre, lui laisser une place, lui faire place ?
Je cherche à rendre possible des paroles riches de l’histoire des mots. C’est ainsi élever face à toute dimension de foule, l’incertitude, la patience, l’attention.
Comment faire de cette quête du je un acte de libération, de responsabilité, un lieu de sincérité ?
Emmanuel Aragon, Rencontre, 2025

Visages - Porcelaine à la cendre d'os, 2018/in progress - Photographie Victor Charrier (vue de l'exposition Secrets, Musée Arts et figures des Pyrénées centrales / Chapelle saint-Jacques CACIN, Saint-Gaudens)
Visages – Porcelaine à la cendre d’os, 2018/in progress – Photographie Victor Charrier (vue de l’exposition Secrets, Musée Arts et figures des Pyrénées centrales / Chapelle saint-Jacques CACIN, Saint-Gaudens)

Démarche
Avec l’écriture manuscrite pour princi­pal matériau, le travail d’Emmanuel Aragon s’articule en installations et projets pour espaces publics intérieurs ou urbains, dessins et livres d’artistes. Avec des outils et matériaux excluant toute réversibilité il convoque la parole, sa spontanéité et ses intuitions. Qui parle ? A qui s’adressent ses paroles ? Comment les prendre ? Le texte semble toujours extrait d’une conversation ou d’un monologue intérieur. Cette omniprésence de paroles s’ouvre à nous sans citer de noms, met en mouvement notre écoute et nos manières de s’adresser à l’autre. L’individu se tisse dans la rencontre.

Vers les grandes forêts - Dalles de sol anciennes gravées de textes - Largeur 40 cm longueur 70 m environ - 1% artistique groupe scolaire Simone Veil, Bordeaux Belcier - 2019
Vers les grandes forêts – Dalles de sol anciennes gravées de textes – Largeur 40 cm longueur 70 m environ – 1% artistique groupe scolaire Simone Veil, Bordeaux Belcier – 2019

Bio

Diplômé de l’Ecole des Beaux-arts de Bordeaux en 1993, Emmanuel Aragon vit près de Bordeaux et travaille aux Ateliers Carbet. Il participe de­puis 2005 aux projets de CLA­RA, collectif d’artistes. Projets récents : Secrets, résidence à la Chapelle Saint-Jacques, centre d’art contemporain, Saint-Gaudens, 2022-2025 et expositions aux Archives départementales, au Musées Arts et figures des Pyrénées centrales, à la médiathèque et au Centre d’art –  Devenir charpente,  exposition CLARA à La Maréchalerie CACIN de Versailles (édition), et Maturités, exposition aux Tanneries,  CACIN d’Amilly  –  Vers les grandes forêts, 1% artistique Ecole S. Veil, Bordeaux, 2019 – Doucement doucement, commissariat de résidence et expositions aux Archives Bordeaux Métropole pendant toute l’année 2019 (édition)

Justices (vue d'atelier), série, aquarelle sur papier Arches, 40 dessins chacun 70x100 cm, 2025
Justices (vue d’atelier), série, aquarelle sur papier Arches, 40 dessins chacun 70×100 cm, 2025

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