Marlaine Bournel travaille à partir de l’interrogation « D’où je suis ? ».
Qu’est-ce qu’un espace géographique, un tracé ? Qu’est ce qui est charrié en cours de chemin ?
Mais t’es d’où ?
De quel espace , quelle culture ?
D’où tu me parles ?





D’où t’es partie?
Je viens d’un lieu instable, toujours en mouvement, moins depuis maintenant. Et puis, il y a une invitation dans un atelier partagé au bord de la Garonne, Déménagements, nouveaux espaces, s’installer, partir. La terre alluviale, souvenirs mobiles, intriguent. Je prends des histoires à chaque passage. Je cherche la terre, j’emprunte la terre sur les bords de la Garonne. Je dialogue avec les habitants du lieu, je dialogue avec les habitants autour du lieu, j’écoute des histoires d’avant ce lieu. Iels me racontent. Je fabrique des plaques : sur des voiles, du bois, du papier, des bouts de tambour.
A même le sol, j’étire. Je frappe la terre, je trace la terre. Je tends, je cloue, je suspends.
Matière, charpente, mémoire. Terrain fragile. Ça craque. Je répare. Je refais. C’est à ma taille : mon pied, ma main, mon geste, mon amplitude.
Il me raconte l’épure, la triangulation. Une invitation dans un atelier au bord de la Garonne.
Un espace atelier en chantier. Je sculpte, je taille, j’aplatis, j’empreinte le sol, les murs. Je tends une structure. Je trace les chemins, les itinéraires depuis longtemps et celui depuis maintenant : la boue, les lieux, mes pas, les leurs. Je façonne ce qui passe, ce qui reste. Je cueille des traces. Je fais réapparaître des histoires. Une situation sculpturale. Des plaques, comme des morceaux de mémoire.
Quand on me demande : «mais t’es d’où?» Je tends la boue. Je tends la plaque. Je ne parle pas. Je montre. Un geste simple, suspendu, urgent.
Marlaine Bournel, résidence aux Ateliers Carbet, juin-juillet 2025





